Qui était Émile Peytavin ?

Emile Peytavin, responsable du secteur de Mende de la Résistance puis chef militaire départemental, passe dans la clandestinité après le 28 février 1944. Nommé à la tête des Corps Francs de la Libération, il organise les maquis de Haute Lozère. Il unifie et dirige les FFI et préside le Comité Départemental de Libération

Emile Peytavin est né le 25 avril 1898 au Bleynard, de parents instituteurs. Ses études à l’école des Arts et Métiers de Cluny sont interrompues par la Première guerre mondiale. Lieutenant, victime des gaz de combat, il est cité et décoré. L’action des gaz provoque une pleurésie qui dégénère en tuberculose. Il revient en Lozère. Nommé en 1922 professeur à l’école pratique de Mende, il devient en 1929 directeur de l’École de Commerce et d’Industrie de Bort-les-Orgues (Corrèze). Socialiste et pacifiste, il milite activement et est candidat à la députation.

Dès juillet 1940 à Mende, il entre en contact avec ceux qui refusent la défaite et le régime de Vichy. En 1942, directeur de collège à Brive, il contacte la Résistance en Corrèze. Se sentant menacé, il rentre en Lozère. Il devient responsable du secteur de Mende de la Résistance. L’Armée Secrète (AS) de Lozère est officiellement créée en décembre 1942 dans sa villa d’En Crouzas. Jean Mazel est son adjoint. Quand Gilvert de Chambrun est promu chef régional, Emile Peytavin dit « Ernest » devient chef militaire en Lozère.

Le 28 février 1944, il échappe de peu à l’arrestation à l’Hôtel Nogaret au Col de Jalcreste, entre Florac et Alès. A Mende, Henri Bourrillon est arrêté. Emile Peytavin passe dans la clandestinité et se réfugie chez Jean Galvier, instituteur à Albaret-Sainte-Marie, qui lui fournit de nouveaux papiers d’identité.

En avril 1944, Gilbert de Chambrun le nomme à la tête des Corps Francs de la Libération (CFL). Tous les groupes et maquis, à l’exception des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF), sont rassemblés dans cette nouvelle organisation. Après les combats du Mont Mouchet et du Réduit de la Truyère, de nombreux officiers et maquisards sont dispersés dans le nord de la Lozère. Avec eux, Emile Peytavin organise le maquis de Haute-Lozère sous le commandement de Maurice David dit « Thomas ». Dans le sud, la tâche est plus difficile: les FTPF sont les plus nombreux et le commandement est commun Gard-Lozère. Un accord est trouvé. Emile Peytavin et Henri Cordesse obtiennent des armes pour les FTPF. Le Conseil National de la Résistance (CNR) ordonne de réunir les FTPF et les CFL dans les Forces Françaises de L’Intérieur (FFI). En Lozère, c’est EmilePeytavin qui commande les FFI.

En août 1944, avec « Thomas », il organise l’encerclement de Mende. Madame Peytavin, agent de liaison, menacée par la police allemande, se réfugie à son tour à Albaret-Sainte-Marie. A la Libération, le lieutenant-colonel Peytavin préside ainsi le Comité Départemental de Libération(CDL).

En octobre 1945, il est nommé inspecteur principal de l’enseignement technique à Paris, ensuite inspecteur à Lille puis à Montpellier. Il prend sa retraite en 1968.

Officier de Légion d’honneur, commandeur de l’ordre des Palmes académiques, il est l’auteur d’ouvrages sur la Résistance en Lozère. Il meurt le 25 décembre 1972 à l’hôpital de Mende et est inhumé à Ispagnac.